La
phytothérapie, étymologiquement le traitement
par les plantes, est une méthode thérapeutique
qui utilise l'action des plantes médicinales.
On peut distinguer deux types
de phytothérapie :
1- Une
pratique traditionnelle, parfois très ancienne basée
sur l'utilisation de plantes selon les vertus découvertes
empiriquement. Selon l'OMS, cette phytothérapie est
considérée comme une médecine traditionnelle
et encore massivement employée dans certains pays
dont les pays en voie de développement. C'est une
médecine parallèle du fait de l'absence d'étude
clinique.
2- Une pratique basée sur les avancées
scientifiques et la recherche des principes actifs des plantes.
Cette phytothérapie est assimilée aux médicaments
et selon les pays suit les même réglementations
(AMM, vente en pharmacie, etc.). On parle alors de pharmacognosie.
Histoire
Description de l'usage du cumin et de l'aneth - La matière
médicale de Dioscoride, copie en arabe de 1334Le
premier texte connu sur la médecine par les plantes
est gravé sur une tablette d'argile, rédigé
par les Sumériens en caractères cunéiformes
3000 ans av. J.-C.; Ils utilisaient des plantes telles le
myrte, le chanvre, le thym, le saule en décoctions
filtrées.
Le Papyrus Ebers, du XVIe siècle
av. J.-C. est le premier recueil connu consacré aux
plantes médicinales. De loin le plus volumineux connu
de l'Égypte ancienne avec « 110 pages »,
il fait référence à de plus anciens
documents citant des dizaines de plantes accompagné
d'un mode d'utilisation.
Les Grecs et les Romains utilisaient
également de nombreuses plantes. On en retrouve des
références, entre autres, dans l'œuvre
de Dioscoride (médecin grec du Ier siècle)
(cf. illustration).
En Europe, les plantes représentent
l'essentiel de la pharmacopée jusqu'à la fin
du XIXe siècle. Encore largement utilisées
après la Seconde Guerre mondiale, elles furent ensuite
supplantées par les médicaments de synthèse
plus simple d'emploi.
En
France, le diplôme d'herboriste a été
supprimé en septembre 1941 par le gouvernement de
Vichy. De 4 500 herboristes en 1941, ils sont désormais
une dizaine tandis qu'en Allemagne ou en Italie, on compte
plusieurs milliers d'herboristes.
Méthodes : utilisation
et fabrication
En phytothérapie traditionnelle
les plantes peuvent être utilisées fraîches,
ce qui n'est pas toujours possible, ou séchées,
entrant ensuite éventuellement dans des préparations
diverses afin de conserver les principes actifs des plantes
et éviter toute décomposition. On les administre
sous forme de teintures alcooliques, macérats, tisanes,
compresses, baumes... (remarque : la tisane ne permet d'extraire
que les principes actifs de la plante solubles dans l'eau).
Un procédé plus
récent permet d'obtenir l'ensemble des principes
actifs par broyage (cryobroyage par exemple) fin de la plante
après séchage. La poudre est macérée
dans un mélange eau/alcool. Après purification
des éléments inertes comme la cellulose, la
solution sera séchée jusqu'à obtention
d'une poudre. Cette poudre peut être ensuite présentée
sous forme de comprimés, gélules, sachets,
etc.
En Europe, certaines plantes
sont reconnues comme plantes médicinales, et soumises
comme les médicaments à une autorisation de
mise sur le marché. De ce fait, les produits extraits
de certaines plantes ne sont vendus que dans les pharmacies
et parfois sur ordonnance.
Précautions
d'emploi de la phytothérapie
Certaines plantes contiennent
des principes actifs qui peuvent être extrêmement
puissants, d'autres sont toxiques à faible dose.
Le fait que l'on n'utilise que des plantes ne signifie pas
que cela est sans danger, la culture libre de certaines
plantes est interdite dans certains pays, le cas le plus
courant étant le pavot dont la culture est réglementée
en France et destinée à la seule industrie
pharmaceutique.
La pharmacologie reconnaît
l'action bénéfique de certaines plantes et
s'attache donc à extraire le principe actif de ces
plantes. La consommation « brute » de la plante
induit la consommation d'autres produits contenus dans la
plante que le principe actif, ne permettant ainsi pas de
connaître la dose exacte de principe actif ingéré
entraînant un risque de sous-dosage ou de surdosage.
Pour certains médecins phytothérapeutes, les
autres principes vont atténuer les effets secondaires
en entrant en interaction. Un exemple : la distillation
de la lavande permet de dénombrer plus de 200 molécules
différentes, dont des cétones et coumarines,
dont la toxicité est moindre que s'ils étaient
utilisés seuls .
La composition d'une plante
peut varier d'un spécimen à l'autre, dépendant
du terrain, des conditions de croissance, humidité,
température, ensoleillement, qui vont déterminer
ce que l'on appelle en aromathérapie le chémotype.
De même, il ne faut pas
utiliser des plantes d'origine douteuse, puisque les facteurs
de pollution, la cueillette et les méthodes de conservation,
de stockage… peuvent altérer les propriétés
des plantes.
Erreur de fabrication
À titre d'illustration,
une préparation pour tisane amaigrissante, vendue
en pharmacie, a ainsi fait des ravages au début des
années 1990 : une erreur de fabrication a inclus
une plante de la famille des aristoloches, très dangereuse,
qui a entraîné des insuffisances rénales
majeures et des cancers chez 110 personnes en Belgique.
Interaction
La prise simultanée
de plantes médicinales et de médicaments peut
entraîner l'interaction des deux remèdes et
l'apparition d'effets secondaires, parfois graves. Par exemple,
le millepertuis peut inhiber l'effet de médicaments
comme la digoxine, la théophylline, les anticoagulants
à base d'anti-vitamine K, des contraceptifs oraux
et certains antidépresseurs, ou d'autres moins utilisés
comme la ciclosporine, des traitements contre l'infection
à VIH (sida) comme l'amprénavir ou l'indinavir,
ou certains anticancéreux
Naturel ne signifie
pas bénéfique
Notons enfin que certains présentent
la phytothérapie comme méthode « naturelle
». Cet argument du naturel est souvent de type publicitaire
ou d'effet de mode jouant sur une ambiguïté
: naturel égalerait « bénéfique
» et « inoffensif » (alors que la nature
n'est ni bonne, ni mauvaise, la mort, la maladie, les venins
ou les toxines étant naturels…).
Symbolique
Alors que depuis l'Antiquité
les spécialistes des plantes étaient clairement
identifiés, du médecin à l'herboriste,
et que cette séparation est encore en vigueur dans
d'autres sociétés de par le monde : certaines
plantes sont sacrées, préparées uniquement
par la personne qui remplit la fonction de guérisseur.
Bibliographie
Les ouvrages ci dessous peuvent
être lus pour approfondir le sujet. Ils n'ont pas
forcément été utilisés pour
la rédaction de cet article.
Par ordre alphabétique
d'auteurs :
• Docteur Paul Belaiche,
Guide familial de la médecine par les plantes, éd.
Hachette (1982) (existe en format poche)
• Docteur Paul Belaiche, Traité de phytothérapie
et d'aromathérapie (3 tomes), éd. Maloine
(1979) (nombreuses références bibliographiques)
• L. Bezanger-Beauquesne, M. Pinkas, M. Torck, F.
Trotin, Plantes médicinales des régions tempérées,
éd. Maloine (1980) (nombreuses références
bibliographiques)
• L. Bezanger-Beauquesne, M. Pinkas, M. Torck, Les
plantes dans la thérapeutique moderne, éd.
Maloine (1986)
• Docteur. J. Bouhours, La santé de votre enfant
par les plantes, éd. Presses de la Renaissance (1980)
• Michel Charon et Henry Clos Jouve, Plantes médicinales,
éd. Hachette (1966)
• Dr Jean Chatonet, Les plantes médicinales,
éd. Berger-Levrault (1979)
• Collectif, Secrets et vertus des plantes médicinales,
éd. Sélection du Reader's digest (1985)
• Docteur Gérard Debuigne, Larousse des plantes
qui guérissent, éd. Larousse (1974)
• Isabelle, Estournel, Guérir grâce aux
plantes, l'énergie des plantes pour votre santé,
Ed. Exclusif 2006, ISBN 2848910534
• R. Fauron et R. Moatti, Guide pratique de phytothérapie,
éd. Maloine (1984)
• Hans Fluck, Herbes médicinales, éd.
Delachaux & Niestlé (1975)
• Pamela Forey et Ruth Lindsay, Plantes médicinales,
éd. Gründ (1989)
• P. Franchomme et al, L'aromathérapie exactement,
éd. Robert Jollois (1990)
• Robert Fritsch, Les plantes médicinales,
éd. SAEP (1987)
• Professeur Loïc Girre, Connaître et reconnaître
les plantes médicinales, éd. Ouest France
(1980)
• Francis Hallard, Phytothérapie, éd.
Masson (1988)
• P. Lanzara, Le guide des plantes médicinales,
éd. Fernand Nathan (1978)
• Docteur J.C. Lapraz, Docteur C. Duraffourd, Docteur
R. Chemli, "La Plante médicinale", éd.
Grancher (1997).
• Henri Leclercq, Précis de phytothérapie,
éd. Masson (1976)
• Catherine Monnier, Les plantes médicinales
- vertus et traditions, éd. Privat (2002)
• Jean Palaiseul, Nos grands-mères savaient,
éd. Robert Laffont (1972) (existe en format poche)
• Pic et Bonnamour, Phytothérapie, médicaments
végétaux, éd. Baillière (1923)
• Elisabeth Stuckey, Le grand livre des plantes guérisseuses,
les 60 plantes indispensables, éd. Cristal 2003,
ISBN 2848950056
• Joel L. Swerdlow, Nature et médecine - les
plantes qui guérissent, éd. National Geographic
(2000)
• L. Thurzova, Les plantes santé qui poussent
autour de nous, éd. Bordas (1985)
• Eugène Vada, Où, quand, comment cueillir
les plantes médicinales, éd. De Vecchi (1975)
• Docteur Jean Valnet, Aromathérapie, éd.
Maloine (1984) (existe en format poche)
• Docteur Jean Valnet, Phytothérapie, éd.
Maloine (1983) (existe en format poche)
• Docteur Jean Valnet, Docteur C. Duraffourd, Docteur
J.C. Lapraz, Une médecine nouvelle - phytothérapie
& aromathérapie, éd. Presses de la Renaissance
(1978)
• Jacques Van Hellemont, Compendium de phytothérapie,
éd. Association pharmaceutique belge (APB) (1986)
Source : wikipedia